• Frédéric Vermeulin

L'écho

Il y a cet écho torturé, déformé par la distance.

Ton miroir a glissé sur le meuble de la salle de bain.

Une paire de chaussures noires que je n'ose pas déplacer.

Un rouge à lèvre.

Un manteau.

Et cette douleur à laquelle je ne peux pas échapper.

Qui me rassure aussi, au fond.

Cette drogue qui me rend malade, ce poison qui m'anime.

Je verse un whisky par terre. Et un autre dans un verre sale.

Je crois que je n'aime pas vraiment ça.

Je crois que je ne sais pas ce que j'aime.

Qui sait ça ?

Les cons.

Les cons savent tout. C'est pour ça qu'ils sont cons.

Je mange et je recrache.

Je verse un Cointreau.

Je pisse et je remets ça.

Je ne pense pas vraiment à toi.

Je te sens, je te renifle jusque dans la pile de linge.

Je mords ma langue pour en faire sortir un jus acide.

Le whisky me fait horreur. Je termine au goulot, sans respirer.

Je frotte ma tête. Je gratte mes dents. Mes ongles crissent et tailladent la gencive pour que le sang coule sur ma langue.

Mon chat s'ébouriffe.

Je gueule.

Je vais vomir partout.

Tant mieux.

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